Monte Incudine : quel itinéraire choisir entre le GR20, Bavella et le Coscione ?
Entre Quenza et Zicavo, dans le sud de la Corse, le Monte Incudine, appelé aussi Alcùdina en corse, est un sommet de randonnée accessible par plusieurs itinéraires. La distance, le point de départ, la météo et votre autonomie déterminent l’engagement réel de la journée.
Un sommet majeur entre l’Alta Rocca et les hauts plateaux
Le Monte Incudine domine les reliefs de la Corse du Sud. Il figure parmi les objectifs recherchés par les marcheurs qui parcourent le GR20, les Aiguilles de Bavella ou le plateau du Coscione, aussi appelé Cuscionu. Son nom évoquerait une enclume, en référence à sa silhouette massive et à son environnement granitique.

L’altitude varie selon les cartes et les publications : 2 100, 2 113 ou 2 134 mètres. Cette différence ne change pas les conditions de l’ascension. Le Monte Incudine reste un sommet de haute montagne corse, exposé au vent, au brouillard et aux changements rapides de météo. Les crêtes, les versants et les vallées encaissées demandent une préparation sérieuse, y compris en été.
Un panorama qui récompense une montée exigeante
Lorsque le ciel est dégagé, le sommet offre une vue étendue sur les montagnes corses, les plateaux, les vallées de l’Asinao et les reliefs de Bavella. Selon la visibilité, le regard porte vers la baie d’Ajaccio, les îles Sanguinaires, la mer et parfois la Sardaigne. Ce panorama explique en partie l’intérêt de l’Incudine pour les marcheurs qui recherchent un objectif plus exigeant qu’une randonnée accessible.
Le plateau du Coscione propose une autre lecture du paysage. Entre 1 400 et 1 800 mètres, les prairies d’altitude, les ruisseaux et les pozzines forment un décor plus doux en apparence, mais fragile. Ces dépressions humides retiennent l’eau, nourrissent les sols et abritent une végétation spécifique. Les contourner limite le tassement du terrain et protège ces réservoirs naturels.
Choisir son itinéraire selon son niveau et son point de départ
Les accès au Monte Incudine correspondent à des profils différents. Certains randonneurs découvrent le sommet depuis le GR20, tandis que d’autres préparent une longue journée depuis la route. Les distances ci-dessous sont des repères. Elles ne remplacent pas une carte IGN récente ni l’analyse des conditions du jour.
| Départ ou accès | Distance aller-retour | Repère utile | Profil conseillé |
|---|---|---|---|
| Refuge d’Asinau | 4 km | Accès court au sommet | Randonneur déjà au refuge |
| Bocca Stazzunara, variante alpine | 1,2 km | Détour sommital | Marcheur engagé sur le GR20 |
| Col de Bavella | 18 km | Au moins 6 heures | Très bonne condition physique |
| Ancien gîte de Bucchinera | 14 km | Accès par les hauts plateaux | Marcheur autonome |
| Refuge de Matalza | 18 ou 19 km | Variante alpine ou GR20 principal | Randonneur habitué à la montagne |
Depuis Bavella : une grande randonnée à anticiper
Le départ depuis le col de Bavella séduit par son cadre spectaculaire, mais il impose une journée longue : 18 km aller-retour et au moins 6 heures de marche. Un dénivelé positif de 584 mètres est indiqué pour l’un des itinéraires. Il faut aussi compter les pauses, la chaleur éventuelle, la fatigue et le temps nécessaire pour s’orienter aux intersections.
Le parking du col est très fréquenté en été. Arriver tôt facilite le stationnement et permet de franchir les portions les plus exposées avant les fortes chaleurs ou l’arrivée d’un orage. Cet accès convient davantage à des marcheurs entraînés qu’à une première expérience de randonnée alpine.
Depuis le plateau : une approche plus pastorale
Depuis Quenza, Prugna, Bucchinera ou Matalza, l’approche traverse un univers de bergeries, de prairies et de passages liés au plateau du Coscione. Depuis Prugna, via le refuge d’Asinau, comptez 21 km aller-retour. Depuis le refuge de Matalza, les distances mentionnées sont de 19 km par le GR20 principal et de 18 km par la variante alpine.
Ces itinéraires peuvent sembler moins vertigineux que certains secteurs de Bavella, sans être faciles pour autant. La longueur, l’exposition au soleil, les terrains humides près des pozzines et la capacité à suivre le bon chemin restent déterminants. Un départ depuis Quenza offre une ambiance plus calme, mais il ne faut pas sous-estimer l’isolement des hauts plateaux.
GR20 principal ou variante alpine : comprendre le détour vers le sommet
Le Monte Incudine est étroitement lié au GR20, mais le sommet n’est pas atteint automatiquement en suivant l’itinéraire sans vigilance. Le GR20 principal et sa variante alpine structurent les accès. Ils peuvent servir d’itinéraire de passage, de liaison vers un refuge ou de base pour ajouter l’ascension à une étape.
Le détour depuis Bocca Stazzunara
Depuis Bocca Stazzunara, la variante alpine permet un aller-retour de 1,2 km vers le sommet. La distance est courte, mais elle s’ajoute généralement à une journée déjà exigeante sur le GR20. Ce détour ne doit donc pas être considéré comme une simple promenade. Le vent, le brouillard, le sol rocheux et la fatigue peuvent imposer de revoir la décision sur place.
Le refuge d’Asinau sert de repère aux randonneurs itinérants. Son accès sommital de 4 km aller-retour est l’option la plus directe parmi les données disponibles, mais il suppose déjà d’avoir rejoint le refuge. Pour une étape du GR20, il faut évaluer l’ascension en fonction de l’arrivée prévue, de l’eau disponible, de la récupération et de la sécurité de l’étape suivante.
Conditions, matériel et lecture du terrain avant de partir
Le Monte Incudine demande une bonne condition physique, surtout sur les parcours de 14 à 21 km. La difficulté dépend de l’endurance et de l’autonomie. Savoir s’orienter, gérer son eau, adapter son allure et renoncer si les conditions se dégradent font partie de la préparation.
- Consultez une météo de montagne juste avant le départ et surveillez l’évolution du ciel.
- Emportez une carte IGN, un tracé fiable et un moyen d’orientation que vous savez utiliser.
- Prévoyez des chaussures de montagne à semelle adhérente, des vêtements chauds et une protection contre le vent et la pluie.
- Partez avec suffisamment d’eau et de vivres. La présence d’un ruisseau ne garantit pas un point d’eau exploitable.
- Commencez tôt et fixez une heure limite de demi-tour, notamment sur les grands itinéraires.
Neige, brouillard et passages humides
De la neige peut persister jusqu’au printemps, particulièrement sur les secteurs ombragés ou les versants nord. Hors période neigeuse, le brouillard, le vent et les averses restent des facteurs sérieux. Les repères visuels disparaissent rapidement sur un plateau ou une crête. Le balisage aide à progresser, mais il ne remplace pas une navigation attentive.
Respectez les sentiers existants, les troupeaux, les bergeries et les zones humides. Dans les pozzines, le détour est souvent le meilleur choix : éviter de multiplier les traces protège la végétation et réduit l’érosion. Sur ce massif sauvage, cette attention préserve le terrain pour les randonneurs suivants.
Préparer une sortie réaliste au Monte Incudine
Pour une première découverte, l’approche depuis le refuge d’Asinau est la plus courte, mais elle suppose une organisation préalable. Pour une grande journée sportive, le col de Bavella offre un itinéraire réputé et panoramique. Les départs depuis Quenza, Bucchinera ou Matalza conviennent à ceux qui recherchent le caractère pastoral et plus solitaire du plateau du Coscione.
Avant de partir, reportez sur votre carte les points de départ, les refuges, Bocca Stazzunara, Bocca di Chiralba et les bergeries de Chiralbella ou de Croci. Vérifiez aussi l’état des sentiers, les conditions de montagne et votre marge horaire. Le Monte Incudine se prépare moins par la recherche de vitesse que par des choix prudents : sélectionner le bon itinéraire, partir équipé et remettre le sommet à un autre jour si la montagne l’exige.




